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Que faire à Lisbonne en trois jours : itinéraire et bonnes adresses

Trois jours à Lisbonne, c'est trop si vous voulez tout voir, pas assez si vous acceptez d'y revenir. Découvrez comment sacrifier les bonnes choses pour vivre l'essentiel.

Que faire à Lisbonne en trois jours : itinéraire et bonnes adresses

Trois jours à Lisbonne, c'est le format que tout le monde me demande. Et à chaque fois, je réponds la même chose : trois jours, c'est à la fois trop et pas assez. Trop, si vous vous entêtez à vouloir tout voir. Pas assez, si vous acceptez l'idée qu'on revient toujours.

La première fois que j'y suis allé, j'avais imprimé un planning militaire. Lever 7h, cinq monuments avant midi, fado le soir. J'ai tenu une journée et demie. Le deuxième jour, je me suis retrouvé assis sur un banc du miradouro de Santa Catarina à regarder le Tage pendant deux heures, sans rien faire. C'est le meilleur moment de ce voyage. Depuis, j'ai compris comment on visite Lisbonne en trois jours : en acceptant de sacrifier des choses.

Points clés à retenir

  • Un jour pour la Baixa, Chiado et l'Alfama ; un jour entier pour Belém ; le troisième au choix : Sintra, Cascais ou la rive sud.
  • Les distances sont courtes mais les collines font exploser les temps de marche réels. Comptez le double de ce que dit votre application.
  • Le Tram 28 se prend tôt le matin ou tard le soir, jamais à midi. Sinon vous voyagez debout, serré entre deux sacs à dos.
  • Belém et le centre, c'est environ 40 minutes de tram. Ce n'est pas "à côté", contrairement à ce que la carte laisse croire.
  • La plupart des monuments ferment un jour par semaine. Vérifiez la veille, pas le matin devant la porte.
  • Réservez les restaurants réputés deux ou trois jours à l'avance. Les bonnes tables du Príncipe Real se remplissent vite.

Jour 1 : le cœur historique à pied

Commencez par la Praça do Comércio, face au fleuve. C'est touristique, oui, mais c'est le bon point de départ : tout part de là, et la lumière du matin sur l'eau justifie le détour. De là, remontez la Rua Augusta à pied jusqu'au Chiado.

Ne prenez pas le métro pour trois arrêts. La Baixa se traverse en vingt minutes, et c'est dans ces rues quadrillées que vous comprenez la ville reconstruite après le tremblement de terre de 1755.

Où manger sans se ruiner

Le piège classique : les restaurants à menu photo sur la Praça da Figueira. Passez votre chemin. Marchez dix minutes de plus vers le Mercado da Ribeira côté Time Out, mais allez plutôt le matin quand les Lisboètes y déjeunent encore. Pour un vrai repas assis, cherchez les tascas du côté de Mouraria : petites salles, nappes en papier, bacalhau à 12-14 €. J'y ai mangé le meilleur poisson grillé de tout mon séjour pour le prix d'un sandwich à Paris.

L'après-midi, montez vers le Castelo de São Jorge. La file d'attente peut atteindre une heure en pleine saison. Arrivez après 16h, la lumière est plus belle et l'affluence retombe.

Le soir dans l'Alfama

L'Alfama se visite mal avec une carte. Elle se perd de bon cœur. Laissez-vous descendre vers la Sé et les ruelles qui sentent la lessive et le poisson grillé. Un conseil que je répète : si un rabatteur vous propose un spectacle de fado dans la rue, c'est souvent un attrape-touristes. Les vraies maisons de fado sont discrètes, sans vitrine.

Jour 2 : Belém, toute la journée

Beaucoup d'itinéraires glissent Belém en demi-journée. C'est une erreur. Entre le trajet, les monuments et la pause obligatoire aux pastéis, il vous faut une journée pleine. Et franchement, c'est là qu'on comprend l'histoire de Lisbonne.

Jour 2 : Belém, toute la journée

Les monuments, dans quel ordre ?

Le Mosteiro dos Jerónimos et la Torre de Belém sont les deux grosses pièces. Les deux se visitent, mais sachez arbitrer : si vous ne devez en faire qu'un, choisissez le monastère. La tour, vue de l'extérieur, raconte déjà l'essentiel.

Monument Temps de visite réel File d'attente habituelle
Mosteiro dos Jerónimos 1h à 1h30 30 à 60 min en saison
Torre de Belém 45 min 45 min à 1h30
Padrão dos Descobrimentos 30 min Quasi nulle
Musée des Coches 1h à 2h Rarement plus de 15 min

La question des pastéis

La pâtisserie historique de Belém fait la queue jusque dans la rue. Voici mon avis, et j'assume : les pastéis sont excellents, mais l'attente d'une heure pour un flan, non. Achetez-les à emporter, mangez-les debout dans la rue, ou allez dans n'importe quelle bonne pâtisserie du centre. Le goût est très proche.

Le soir, revenez vers le miradouro de Santa Catarina pour le coucher de soleil. C'est gratuit, c'est très fréquenté, et ça vaut le coup quand même. Emportez une bière et restez.

Jour 3 : Sintra, Cascais, ou autre chose ?

Tous les itinéraires vous envoient à Sintra le troisième jour. C'est un choix solide, mais ce n'est pas le seul. Voici comment trancher.

Jour 3 : Sintra, Cascais, ou autre chose ?

Sintra ou Cascais ?

Sintra, c'est un train d'environ 45 minutes depuis Rossio, puis des palais au milieu de la brume et de la végétation. Comptez la journée entière. Le revers : en été, les bus locaux qui montent aux palais sont pris d'assaut. Si vous y allez, partez tôt et visez le Pena avant 10h.

Cascais, c'est la mer, une vieille ville agréable et beaucoup moins de monde. Une demi-journée suffit, on y arrive par le train de la ligne de Cascais en une quarantaine de minutes. Si vous êtes fatigué des collines et des palais, c'est le bon repli.

L'option que personne ne mentionne

Traversez le Tage et allez à Cacilhas en ferry. Le trajet dure dix minutes depuis le Cais do Sodré, coûte une misère, et vous offre le plus beau point de vue sur Lisbonne, celui qu'on a de l'autre rive. Le Cristo Rei est à côté. Il y a des restaurants de poisson le long de l'eau où les prix sont deux fois moins élevés qu'au centre. J'y suis allé par hasard, poussé par un habitant, et c'est devenu ma recommandation numéro un pour un troisième jour.

Peut-on vraiment visiter Lisbonne en 3 jours à pied ?

Oui, en grande partie. Le triangle Baixa, Chiado et Alfama se fait entièrement à pied, et Belém se rejoint à pied depuis le centre si vous êtes courageux (comptez une bonne heure le long du fleuve, c'est plat et agréable). Les seuls trajets pour lesquels vous prendrez les transports sont Belém, Sintra, Cascais ou l'autre rive. Prévoyez des chaussures réellement adaptées : les pavés portugais glissent, surtout mouillés.

Logistique et pièges à éviter

Quelques points qui font gagner du temps, et que j'ai appris à mes dépens.

  • La carte de transport rechargeable se prend dans n'importe quelle station de métro et se crédite à volonté. Ne montez jamais dans le Tram 28 sans titre valide : le contrôle est fréquent.
  • La ville est sûre de jour comme de nuit, mais les pickpockets sévissent dans le tram bondé et sur les miradouros. Sac devant, fermeture éclair.
  • Le climat est doux presque toute l'année, mais l'été, la chaleur grimpe vite dans les rues sans ombre. Marchez tôt, reposez-vous entre 13h et 16h.

Un arbitrage, maintenant, clairement : si vous n'avez que trois jours, sacrifiez Sintra avant de sacrifier Belém. Beaucoup feront l'inverse. Je pense qu'ils ont tort, parce que Belém a besoin de moins de temps logistique et raconte plus directement l'identité de la ville.

Et la question la plus importante reste : à quoi ressemble une journée réussie à Lisbonne ? Pas à une liste cochée. À une matinée lente, un déjeuner trop long, une vue qu'on ne quitte pas. Le reste, c'est du remplissage.

Laurence Barbier

Laurence Barbier

Laurence Barbier est une experte reconnue du tourisme rural, du patrimoine et de la culture, ainsi que des voyages en famille. Elle met son expertise du marketing des destinations au service de projets visant à valoriser les territoires et à créer des expériences authentiques pour tous les voyageurs. Passionnée par la transmission et l'art de vivre local, elle accompagne avec rigueur et bienveillance les acteurs qui souhaitent faire rayonner leur destination.

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